L’automobile Packard était bien plus qu’une voiture — elle était l’incarnation du rêve américain, un symbole roulant de luxe, de prestige et de puissance. Bien que la marque n’ait duré que moins de six décennies, Packard s’est taillé une place permanente et méritée dans l’histoire de l’automobile. Voici l’histoire de son ascension vers la grandeur, de sa domination d’une époque dorée, et de sa chute finale.
La naissance de la légende Packard : comment tout a commencé (1899)
L’exclusivité et l’unicité ont défini Packard dès ses tout premiers modèles. Les voitures Packard étaient prisées par les personnalités les plus puissantes du monde — des chefs d’État se rendaient à leurs investitures en Packard, et des dirigeants tels que Roosevelt et Staline comptaient parmi ceux qui avaient recours à la marque durant leur période au pouvoir.
L’histoire a commencé à Warren, dans l’Ohio, à la fin du XIXe siècle. James Ward Packard était un ingénieur diplômé, un homme d’une grande richesse, d’un talent et d’une ambition considérables. En 1890, il fonda la Packard Electric Company. Son aventure automobile débuta le 13 août 1898, lorsqu’il acquit une voiture Winton — numéro de série 13 — à Cleveland, ville voisine. La voiture tomba en panne 19 fois durant les 130 km de trajet de retour vers Warren. Lorsque Packard fit part de ses griefs au constructeur de Winton, Alexander Winton, la réponse fut méprisante : Winton suggéra que Packard serait à peine capable de construire une voiture, et que si jamais il y parvenait, elle ne serait pas meilleure. Ce défi allait s’avérer être l’étincelle dont Packard avait besoin.
Un peu plus d’un an plus tard, la New York and Ohio Company lança sa première automobile — le Modèle A — le 6 novembre 1899. Les caractéristiques principales de ce véhicule historique comprenaient :
- Un moteur frontal de 9 chevaux
- Un tube de direction incliné
- Des pneumatiques
Trois des cinq voitures Modèle A furent exposées au Salon de l’automobile de New York en 1900, et deux furent achetées par nul autre que William Rockefeller, le propre soutien financier de Winton.
L’évolution des premiers modèles fut rapide :
- Modèle B — introduisit un dispositif de réglage de l’allumage et le guide de levier de vitesse en forme de H breveté par Packard ; 49 unités vendues
- Modèle C — doté d’un volant conventionnel et d’un moteur de 3 litres et 12 ch
- Modèle F (Old Pacific) — produit au rythme d’une voiture par jour en 1902
- Modèle G — le seul Packard équipé d’un moteur à deux cylindres ; une unité de 6 litres et 24 ch avec un châssis en acier embouti

En septembre 1900, les frères James et William Packard s’associèrent à d’autres hommes d’affaires pour créer formellement l’Ohio Automobile Company, dédiée exclusivement à la production automobile. En octobre 1902, elle fut rebaptisée Packard Motor Car Company, et en 1903, l’entreprise transféra son siège social à Détroit. Les voitures étaient vendues entre 2 000 et 7 000 dollars — exclusivement pour les acheteurs fortunés. Henry Bourne Joy, un millionnaire magnat du chemin de fer qui avait acheté deux Packard en 1901 et avait été profondément impressionné par leur qualité, devint le propriétaire de l’entreprise. James Packard occupa la présidence jusqu’en 1909, avec l’ingénieur en chef français Charles Schmidt à la tête du développement technique.

Nouvelle direction et croissance de la production : les années 1900 et 1910
En 1909, Alvan Macauley rejoignit Packard en tant que directeur général et recruta Jesse Vincent comme concepteur en chef — une association qui allait façonner les années dorées de la marque. Henry Bourne Joy prit la direction de la Packard Motor Company alors qu’elle consolidait sa place comme l’un des piliers de la fabrication automobile américaine.
L’expansion de Packard durant cette période fut impressionnante sur plusieurs fronts :
- 1905 — Entrée sur le marché des véhicules commerciaux avec un camion d’1,5 tonne
- 1908 — Lancement d’un modèle de camion de 3 tonnes
- 1911 — Un camion Packard réalisa le trajet New York–San Francisco en 46 jours, un exploit remarquable pour l’époque
- 1914 — Les voitures de tourisme reçurent un volant à gauche, un démarreur électrique, un éclairage électrique, et plus de 20 carrosseries disponibles. De façon unique, les acheteurs payaient à la livraison plutôt qu’à l’avance.
- 1915 — Packard introduisit le premier moteur V12 de série au monde, le Twin-Six — une conception si influente qu’elle aurait inspiré le jeune Enzo Ferrari
En 1916, Henry Joy quitta l’entreprise pour servir dans l’aviation américaine, atteignant le grade de lieutenant-colonel. Alvan Macauley fut élu président et devint plus tard, en 1928, président de l’American Automobile Manufacturers Association (AAMA). C’est Macauley qui créa le célèbre slogan marketing de Packard : « Demandez à celui qui en possède une. » Sous sa direction, Packard étendit sa production de moteurs aux transports terrestre, aérien et maritime.
James Packard lui-même s’était désenchanté de l’industrie automobile dès 1903, se retirant pour retourner à la fabrication d’équipements électriques et poursuivre sa passion pour la collection de montres de qualité.

L’ère dorée de Packard : domination du marché des voitures de luxe (1915–1945)
De 1915 aux trois décennies suivantes, la Packard Motor Company occupa une position dominante au sommet du marché américain — et mondial — des voitures de luxe. Les années 1920 furent une période de croissance extraordinaire :
- Les ventes de voitures établirent de nouveaux records de profit année après année
- En 1926, Packard produisit et vendit environ 34 000 voitures — dépassant les 27 500 unités de Cadillac
- À la fin de 1928, l’entreprise avait généré 21 889 000 dollars de bénéfices
- Les voitures Packard étaient exportées avec succès à l’international
L’identité visuelle de la marque évolua également durant cette période. L’ornement de capot Packard — un élégant cygne — devint un symbole distinctif des voitures, bien que dans les années 1930, il fût brièvement remplacé par une figure du dieu ailé Hermès avant que le cygne ne soit restauré.
Le Twin-Six V12 continua sa domination, surpassant en ventes Cadillac et Lincoln. Packard s’aventura également dans le sport automobile, avec l’ingénieur de course Charles Smith — recruté en France — aidant Packard à remporter des prix prestigieux et des courses de la Coupe Vanderbilt, donnant à la marque un puissant élan marketing.
La clientèle de Packard à cette époque ressemble à un palmarès du pouvoir mondial :
- Des cheikhs arabes
- Des officiels du Kremlin et des dirigeants soviétiques
- Des responsables de l’administration présidentielle américaine
- Joseph Staline, qui reçut la Packard Twelve — un modèle blindé à sept places — en cadeau du président Franklin Roosevelt en 1935
Une grande partie de ce prestige était liée au département de design de Packard, brillamment dirigé par Alexey Sakhnovsky, un ancien ingénieur de Kiev devenu l’un des designers automobiles les plus célèbres d’Amérique. Sous sa direction, des modèles emblématiques tels que la Packard Eight, la Packard Phantom et la Packard Twelve furent créés.
Lorsque la Grande Dépression frappa et que les ventes de voitures de luxe s’effondrèrent, la solidité financière accumulée par Packard lui permit de pivoter stratégiquement. L’entreprise lança des modèles plus accessibles pour survivre :
- Packard 120 — dotée de freins hydrauliques et d’une suspension avant indépendante
- Packard 115 — une offre d’entrée de gamme pour l’acheteur soucieux de son budget
- Packard 160 — un modèle milieu de gamme complétant la gamme de l’ère de la Dépression
Ces modèles maintinrent Packard en vie tandis que des dizaines de concurrents faisaient faillite. Cependant, la production de voitures moins chères eut un coût — elle dilua l’image premium de la marque et éroda l’exclusivité sur laquelle Packard avait été bâtie.

La chute de la Packard Motor Company : ce qui s’est mal passé (années 1950)
Après la Seconde Guerre mondiale — durant laquelle Packard avait produit de manière rentable des moteurs pour les avions et les vedettes lance-torpilles, comme lors de la Première Guerre mondiale — l’entreprise investit massivement dans une nouvelle usine de moteurs pour développer la production en temps de paix. Mais une série d’erreurs stratégiques et de pressions extérieures s’avérèrent fatales :
- Un accord planifié avec American Motors échoua
- La demande d’après-guerre pour les voitures de luxe chuta brutalement
- Packard manquait des ressources nécessaires pour concurrencer General Motors, Ford et Chrysler — les « Big Three »
- Au début des années 1950, l’entreprise était au bord de la faillite
Le président de l’entreprise James Nance, âgé de 51 ans à l’époque, tenta un plan de sauvetage audacieux : fusionner quatre fabricants indépendants — Studebaker, Packard, Nash-Kelvinator et Hudson — pour créer un quatrième grand groupe automobile américain capable de concurrencer les Big Three. Le plan s’effondra. L’acquisition de Studebaker se révéla catastrophique, car l’entreprise avait falsifié ses documents financiers et dissimulé des dettes massives. Le capital restant de Packard fut anéanti, et la faillite devint inévitable.
Une dernière tentative de sauver la marque eut lieu en 1956 avec une nouvelle génération de la Packard Clipper — une voiture technologiquement avancée avec un design contemporain qui promettait de donner un nouveau souffle à la marque. Malheureusement, de sérieux problèmes de fiabilité sapèrent la confiance des consommateurs et scellèrent le destin du modèle. Ce fut le dernier clou dans le cercueil de Packard.
En 1959, la décision fut prise de cesser la production et de fermer définitivement la Packard Motor Company.

L’héritage de Packard : pourquoi la marque compte encore aujourd’hui
Encore aujourd’hui, les automobiles Packard sont considérées comme le summum du luxe classique américain — des chefs-d’œuvre de collection qui représentent une époque déterminante de l’histoire automobile. Les Packard d’époque sont présentées lors de concours d’élégance de premier plan à travers le monde et atteignent des prix élevés chez les collectionneurs sérieux. Si vous avez la chance de vous installer au volant de l’une de ces machines emblématiques, assurez-vous d’être parfaitement préparé — y compris en disposant des documents nécessaires pour conduire à l’international. Si vous n’avez pas encore obtenu un permis de conduire international, nous vous invitons à traiter le vôtre rapidement et facilement sur notre site web. Les voitures légendaires méritent des conducteurs prêts pour la route qui les attend.
Publié Octobre 08, 2020 • 9m à lire